5 ans d’entrepreneuriat : apprendre, ajuster, continuer
- Eugénie MIGNOT

- il y a 4 jours
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Il y a cinq ans, je créais mon entreprise. À l’époque, je savais que ce serait un défi mais je ne mesurais pas encore à quel point cette aventure allait me transformer, pas seulement dans mon travail, mais dans ma manière d’être, de décider, de me positionner.
Je parle rarement de mon parcours, j’écris plutôt sur des outils, des repères, des clés concrètes, mais cet anniversaire m’a donné envie de prendre un peu de recul, de regarder le chemin parcouru et de mettre des mots sur ce que ces cinq années m’ont appris sur moi, sur mon métier et sur ce que signifie entreprendre dans un métier profondément humain.
D’un burn-out à un changement de cap
Avant cette reconversion, je travaillais dans les achats à l’international. J’ai un master en marketing et j’étais spécialisée dans le retail (la grande distribution) : un environnement exigeant, intense et stimulant… jusqu’au moment où mon corps et mon mental ont dit stop.
Il y a eu un burn-out, puis la découverte de la sophrologie - qui m’a aidée à traverser cette période - et enfin, une évidence : j’avais envie de transmettre, à mon tour, les outils qui m’avaient permis de me reconstruire.
Au départ, il s’agissait surtout de réparation : montrer qu’il existe des méthodes et des accompagnements qui peuvent réellement faire du bien, offrir des espaces pour se relever après une période difficile, qu’elle soit professionnelle ou personnelle. Mais très vite, une autre dimension s’est imposée : la prévention. Accompagner avant l’épuisement, sensibiliser à l’écoute de soi, aider les personnes à ne pas aller jusqu’au point de rupture... parce que même si l’on s’en sort, un burn-out laisse des traces.
Se former pour accompagner avec justesse
Quand on choisit un métier d’accompagnement, la formation n’est pas une option; je me suis donc formée à la sophrologie, à l’hypnose, à l’analyse transactionnelle, au coaching, à la PNL… et je continue à me former. Ma pratique doit évoluer, s’enrichir, s’ajuster car chaque personne est différente, chaque histoire est singulière et je tiens à proposer des accompagnements réellement sur mesure.
Avec le recul, je sais que j’ai eu raison d’investir autant de temps, d’énergie et d’argent - parfois au prix de sacrifices - pour suivre des formations complètes, structurées et exigeantes : dans ces métiers, être correctement formé est une responsabilité.
Mais l’expérience m’a aussi appris autre chose : au-delà de la théorie, je peux me faire confiance. Je n’ai pas besoin d’être scolaire, de tout anticiper, de tout maîtriser... J’exerce un métier profondément humain : ma présence, mes valeurs, ma capacité d’écoute et de bienveillance font partie intégrante du cadre sécurisant et professionnel dont les personnes que j’accompagne ont besoin pour avancer.
Entreprendre : un défi… et un cadeau
Quand je me suis lancée, je voyais l’entrepreneuriat comme un challenge. Et ça l’est ! Mais aujourd’hui, je sais que c’est aussi un cadeau que je me suis fait.
Un cadeau parce que ce chemin m’a appris à me faire confiance, à m’écouter davantage, à respecter mon rythme, à m’accorder du repos quand c’est nécessaire...
J’ai aussi découvert que l’on peut devenir sa propre pire patronne : quand on est seule aux commandes, il est facile d’oublier ses limites. Mon entreprise, c’est moi : si je ne vais pas bien, elle ne va pas bien non plus. J’ai donc appris à poser un cadre, à définir des limites, notamment sur mes horaires, à ajuster ma façon de travailler selon les périodes de ma vie. Je ne compte pas mes heures, mais je tiens à préserver le plaisir que je ressens dans mon métier.
Exercer un métier qui a du sens
Ce que j’aime profondément dans mon travail, c’est me sentir utile : voir les personnes que j’accompagne se révéler, s’apaiser, prendre conscience de leurs ressources, avancer avec plus de clarté. Chaque séance, chaque accompagnement est unique.
Depuis cinq ans, j’ai la chance de contribuer au mieux-être de personnes, de familles, d’équipes en entreprise. Je me sens à ma place, même quand ce n’est pas simple, même quand je doute, même quand il faut jongler entre plusieurs rôles : psychopraticienne, entrepreneure, communicante, gestionnaire... C’est aussi ça, la réalité de l’entrepreneuriat.
Regarder vers la suite
Aujourd’hui, mon envie est de continuer à vivre de ce travail qui a du sens pour moi, mais surtout de continuer à le développer : continuer à accompagner, à sensibiliser, à transmettre... Participer, à mon échelle, à la démocratisation du fait de prendre soin de soi et de sa santé mentale.
Je n’ai pas la prétention de changer le monde mais j’ai envie de continuer à faire ma part : accompagner des enfants, des adolescents, des adultes, des personnes âgées, des équipes en entreprise, des classes en milieu scolaire, des associations… offrir des espaces pour s’apaiser, se comprendre, s’épanouir, quelles que soient les étapes de vie traversées.
Quand j’ai quitté mon CDI, avec un prêt immobilier, je me répétais souvent cette phrase : «Cette décision ne sera jamais un échec, quoi qu’il arrive, je vais apprendre». On dit qu’il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets, alors en me lançant, j’ai choisi de ne pas laisser la peur décider à ma place.
Cinq ans plus tard, j’ai grandi, j'ai appris, je continue à apprendre et je n’ai aucun regret.
Et vous, où en êtes-vous aujourd’hui dans votre parcours entrepreneurial ?









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